Yvert, Michel, Scott, Stanley Gibbons : comprendre les catalogues et les numéros de timbres

« Yvert 176 », « Michel 157 », « SG 399 », « Scott 191 » : ces quatre références désignent le même timbre, un Pasteur bleu à 50 centimes de 1923. Il n'existe pas de numéro universel des timbres. Chaque catalogue a construit sa propre numérotation, et c'est par elle que les collectionneurs, les marchands et les ventes aux enchères se comprennent. Voici comment s'y retrouver.

Les grands catalogues

Chaque pays de tradition philatélique a son catalogue de référence. Les quatre plus utilisés dans le monde :

Catalogue Pays d'édition Abréviation Cotes en Points forts
Yvert et Tellier France (Amiens) YT, Yt, Y&T euros la référence en France, à Monaco et pour les anciennes colonies françaises
Michel Allemagne (Munich) Mi euros le plus détaillé, référence en Allemagne et dans toute l'Europe centrale
Stanley Gibbons Royaume-Uni (Londres) SG livres sterling la référence pour le Royaume-Uni et le Commonwealth
Scott États-Unis Sc, Sn dollars la référence en Amérique du Nord

D'autres catalogues nationaux font autorité chez eux : Unificato et Sassone en Italie, Edifil en Espagne, COB en Belgique, NVPH aux Pays-Bas, Zumstein en Suisse, Facit dans les pays nordiques, Sakura au Japon. Pour les timbres de leur pays, ils sont souvent plus précis que les catalogues mondiaux.

Comment se lit un numéro

Une numérotation par pays, dans l'ordre chronologique

Chaque catalogue numérote les timbres pays par pays, en suivant l'ordre d'émission : le numéro 1 est le premier timbre du pays. En France, le Yvert 1 est la Cérès 10 c bistre de 1850 (le 20 c noir de 1849 porte le n° 3). Un numéro seul ne veut donc rien dire : il faut toujours préciser le pays, puis le catalogue.

Des séries séparées pour les timbres spéciaux

Les timbres « hors poste ordinaire » ont leur propre numérotation, signalée par un préfixe ou une rubrique. Dans le Yvert : PA pour la poste aérienne, Taxe pour les timbres-taxe, Préo pour les préoblitérés, BF pour les blocs-feuillets, Service pour les timbres de service, et une rubrique à part pour les carnets. Le Scott utilise des lettres devant le numéro : C (poste aérienne), J (taxe), B (surtaxe). Le Stanley Gibbons note MS les blocs (miniature sheets). « PA 14 » et « 14 » sont donc deux timbres différents.

Les lettres : variétés et numéros intercalés

Une lettre après le numéro signale le plus souvent une variante du timbre principal : autre couleur, autre dentelure, autre papier, autre type de gravure. Notre Napoléon III à 1 F de 1853, par exemple, est le Yvert 18 mais le Michel 17a. Certaines lettres servent aussi à intercaler un timbre découvert ou classé après coup, sans renuméroter tout le pays.

Les deux Marianne de Cheffer ci-dessus sont un bon exemple : même dessin, même valeur, même couleur, mais deux numéros Yvert différents, parce que la dentelure n'est pas la même. Pour savoir les départager, lisez Dentelure et filigrane : départager deux timbres identiques.

Un catalogue ne découpe pas comme un autre

Les catalogues ne sont pas d'accord sur ce qui mérite un numéro propre. Ce que le Yvert traite comme une simple variété (une lettre) peut avoir un numéro plein dans le Michel, et inversement. C'est pourquoi il n'existe pas de correspondance parfaite d'un catalogue à l'autre, seulement des tables de concordance approximatives. Pour les timbres britanniques classiques, le Stanley Gibbons va jusqu'à distinguer les planches d'impression : le Penny Black de 1840 a été imprimé avec les planches numérotées 1 à 11, que les spécialistes collectionnent séparément.

Le numéro WNS, un identifiant officiel depuis 2002

Depuis 2002, l'Union postale universelle tient le WNS (WADP Numbering System), un registre officiel des timbres émis par ses pays membres. Chaque timbre y reçoit un numéro de la forme FR001.02 : le code du pays, un numéro d'ordre, puis les deux derniers chiffres de l'année. C'est le seul identifiant commun à tous les pays, mais il ne couvre que les émissions depuis 2002 et ne cote pas les timbres.

Comment noter les références de votre collection

  1. Choisissez un catalogue de référence par pays : le Yvert pour la France, le Michel pour l'Allemagne, le Stanley Gibbons pour le Royaume-Uni… et tenez-vous-y. Mélanger les numérotations dans un même album est la meilleure façon de créer des doublons.
  2. Notez toujours le trio complet : pays, catalogue, numéro. « France YT 176 » est sans ambiguïté, « 176 » ne l'est pas.
  3. Gardez les lettres et les préfixes : « 1536Ab » n'est pas « 1536 », « PA 14 » n'est pas « 14 ». La différence de cote peut être importante.
  4. Notez l'année de l'édition du catalogue utilisée pour la cote : les cotes changent d'une édition à l'autre, et il arrive, rarement, qu'un éditeur renumérote une période.
  5. Ajoutez les références des autres catalogues quand vous les connaissez : elles servent dès que vous échangez avec un collectionneur étranger ou que vous consultez une vente aux enchères.

Les références sur nos fiches

Chaque fiche de notre catalogue affiche, quand elles sont connues, les références Yt (Yvert et Tellier), Mi (Michel), SG (Stanley Gibbons) et Sn (Scott). Le préfixe qui les précède est le code du pays : « FR 176 » se lit « France n° 176 ». Le plus simple est de photographier votre timbre : la fiche trouvée vous donne d'un coup ses numéros dans les principaux catalogues. Pour estimer ensuite ce qu'il vaut, voyez Combien vaut mon timbre ?.